astuces d'assemblage des images de
"La nature en mouvement"
le sujet doit être photographié perpendiculairement à vous. Il est important que la distance sujet-photographe soit quasiment la même pour chaque image. Cela permet d‘avoir une scène lisible où les proportions du sujet restent les mêmes.

Les situations où le sujet partira bien à votre perpendiculaire sont très rares. Si l'animal a été dérangé par la présence de celui-ci, il partira le plus souvent en sens opposé. Mais la discrétion ne suffit pas. Même quand le sujet n'est pas dérangé, sur une palette de 360°, il n'y a que 2 chances sur 360 pour qu'il prenne une direction qui soit perpendiculaire à vous (90° et 180°). Mieux encore il n'y a qu'une chance sur deux qu'il passe devant vous. La probabilité est donc de 1 chance sur 360°.
C'est un bon challenge!
1 - Le choix des images
Ca y est vous avez
réalisé votre série d'images sur le terrain. Veillez à ce
qu'elles répondent
positivement aux critères suivants :
la
qualité des images.
Le piqué doit être bon sur l'ensemble des photos de la série. Pour
faire cela il est nécessaire que l'AF de votre appareil soit
performant et qu'il ne vous ait pas
lâché pas pendant la rafale.
Si ses performances sont
limités, une solution existe. Quand vous pressentez que votre sujet
va entrer en action (saut, envol) faîtes la mise au point sur l'oeil
de votre sujet et passez en AF
manuel. Si l'action est bien perpendiculaire à vous, votre série sera bonne.
“Choisissez si possible”, un nombre impair d’images (3, 5 ou 7 ) est préférable, il offre un équilibre visuel plus harmonieux du montage.
l’emplacement
du sujet dans
chacune des images afin que les sujets soient à égale
distance les uns des autres.
Un dernier point qui n'est pas indispensable, mais participe grandement à l'esthétique du montage, consiste à ce que le sujet soit photographié à sa hauteur. Ce qui permet d'avoir en arrière plan le milieu dans lequel l'animal évolue plutôt que d'avoir la vue plongeante d'un canard sur une pièce d'eau. Le même canard photographié au ras de l'eau vous donnera un tout autre résultat.
Montage sur un fichier numérique d'une série d'images réalisées en mode rafale
2 – La transformation des fichiers originaux
La première étape consiste à transformer chacun des fichiers RAW au format TIFF 16bits.
Dupliquez vos fichiers RAW originaux afin de travailler sur des copies pour plus de sécurité. Au moment de la transformation des fichiers au format TIFF, c'est le moment de corriger, avec le logiciel fourni avec votre appareil, la balance des blancs et l'exposition si nécessaire pour chacun d'eux.
Puis enregistrez ces nouveaux fichier TIFF dans un dossier.
3 – Le positionnement des images sur le fichier
Ouvrir le premier fichier dans photoshop.

Le montage numérique peut très bien être facile à réaliser mais ce n'est pas toujours le cas.
Dupliquez le calque (Calque → Dupliquer le calque). Ceci peut s'avérer utile par la suite d'avoir l'original sous le coude: soit pour recommencer l'action depuis le début (si trop d'erreurs se sont accumulées pendant le montage) ou tout simplement pour retrouver une zone de matière effacée malencontreusement à un moment « M » du montage. Je peux alors la récupérer sur le premier calque.
Pour réaliser confortablement le montage, il est préférable d'élargir suffisamment la zone de travail.
Élargir la zone de travail (Image → Taille de la zone de travail).
La largeur (qui est en fait la longueur de votre zone de travail) sera déterminée par le nombre de photos à assembler et de l'espace qui vous sera nécessaire.
N'ayez pas peur de prévoir un peu large quitte à réduire cette zone par la suite si nécessaire.
Pour ma part, lors de ces montages, je souhaite obtenir au final un fichier respectant certaines proportions. Par exemple pour des images au format format 2/3 de 30 x 45 cm, j'essayerai d'obtenir 2 ou 3 fois la taille d'une photo originale soit un format 30 x 90 cm ou 30 x 120 cm. Je part avec cet objectif en tête.
Je
détermine donc une zone un peu plus large que celle souhaitée au
final pour un meilleur confort d'assemblage (par exemple 35 x 150
cm).

Maintenant il va falloir réaliser un montage brut de l'ensemble des images. J'entends par là qu'il est impératif que le niveau des images n'ait pas été fait avant l'assemblage. Il faut aussi, une fois l'assemblage terminé, nommer spécifiquement le montage réalisé et l'enregistrer en 16bits avec les fichiers RAW originaux et ne plus y toucher.
La phase finale des opérations (niveaux et accentuation) se fera sur une copie de ce fichier.
Ce fichier brut dupliqué vous permettra de retravailler votre image si vous n'êtes pas satisfait de vos retouches mais vous pourrez aussi modifier le profil couleur du fichier en fonction des laboratoires chez qui vous ferez imprimer vos montages. En effet ils disposent souvent d'un profil couleur spécifique. Vous pourrez donc faire vos niveaux après avoir modifié le profil couleur, préservant ainsi la qualité de vos montages.
Dans la fenêtre des calques, je clique sur l’œil du calque d'arrière-plan pour le rendre invisible et j'active le calque dupliqué (surbrillance bleue).
Je fais glisser cette première image à gauche de la zone de travail. Bien entendu, s'il s'agissait d'une rafale allant de droite à gauche, je glisserais l'image à droite pour commencer. Je suis donc le sens de lecture de la scène.

Lors des prises de vue, la ligne d'horizon n'est pas toujours respectée. Il peut être nécessaire de faire pivoter l'image. Cette opération se fait facilement avec un repère (Affichage → Nouveau repère). Le repère peut ensuite être déplacé avec l'outil déplacement de la fenêtre d'outils. Je vais donc placer ce repère sur la ligne d'horizon de l'eau en arrière-plan de l'image.
Avec ce même outil déplacement, il est possible d'effectuer la rotation de l'image. Elle peut aussi être réalisée en passant par le menu (Image → Rotation de la zone de travail → Paramétrée).
J'ouvre désormais la seconde image de la série au format TIFF16bits. Je la sélectionne (Ctrl + A), je la copie (Ctrl + C) et je la colle (Ctrl + V) sur le fichier de montage.
Je réitère la même opération qu'avec la première image. Je la duplique et je masque le calque original. Je lui fait ensuite faire une rotation grâce au repère de la ligne d'horizon.
Je fais ensuite glisser l'image avec l'outil déplacement pour qu'elle vienne se positionner à la place exacte où elle devrait être et je la juxtapose le plus précisément possible avec la première image. Je recommence avec la troisième et ainsi de suite.

Le reflex en suivant un oiseau qui prend son envol est bien entendu de le suivre et comme l'oiseau s'élève, il en va de même pour la rafale. Ceci va engendrer des manques de matière lors de la reconstitution de la scène. Ce cas de figure est particulier et ne c'est pas présenté pour le renard et la chevrette où, malgré le saut, la trajectoire reste très linéaire.

Pour que le panoramique soit complet, que ce soit en haut des premières images ou en bas des dernières, il va falloir trouver ou recréer la matière manquante.
4 – La création du fond de l'image.
Avant
de réaliser l'assemblage final, je vais recréer le fond de l'image.
Ensuite je n'aurais plus qu'à positionner les sujets les uns après les autres à leurs emplacements initiaux.
Pour faire cela, je vais utiliser le minimum d'images nécessaires. Je prends donc nécessairement la première et la dernière image ainsi qu'une intermédiaire me permettant de faire la jonction entre les deux.

Avec ces trois images je vais pouvoir élaborer le fond.
Je vais placer un repère vertical à droite de la première image et un à gauche de la dernière image. Ces repères vont me permettre de bien visualiser les zones de superposition des images.
Je vais ensuite créer un rectangle de sélection avec un contour progressif de 40 pixels sur la zone située à gauche de l'image du milieu et je vais effacer cette partie sélectionnée située au dessus de la première image. J'efface donc le bord gauche de l'image centrale pour créer un fondu avec la première image.
Je n'hésite pas non plus à créer en plus une découpe qui ne soit pas linéaire notamment au niveau de l'eau. En effet les ondes sont horizontales et je n'hésite pas à faire des découpes horizontales. Cela permet, qu'à la fin du montage, il est totalement impossible de repérer une ligne de tons différents faisant la jonction des images.
Cette matière peut se retirer facilement avec l'outil lasso magnétique (entre autres) et un contour progressif de 40 pixels ou moins selon la matière à retirer.

Je réitère cette même opération sur la partie gauche de l'image de droite.

Quand les fondus permettant l'assemblage de ces trois images sont réalisés arrive la partie la plus délicate de cette phase qu'est la reconstitution du reste de l'image.

Pour réaliser cette matière, plusieurs possibilités s'offrent à vous.
La première ,qui est la plus sûre et la plus efficace, consiste à réaliser suite à votre rafale des clichés de cette zone en veillant à ce que la mise au point soit bien réalisée au même niveau que la rafale. Pour cela repérez le point de départ du sujet pour faire la mise au point et prenez vos photos. Veillez aussi à bien garder la même focale si vous avez un zoom.
La seconde plus aléatoire , surtout si vous traitez vos images longtemps après leur réalisation, est de rechercher toutes les images que vous auriez réalisées ce jour là à cet emplacement. Ceci se fait assez facilement si vos images ont été réalisées en numérique grâce au moteur de recherche de votre ordinateur. Il vous suffit de taper la date de réalisation de votre rafale et l'ensemble de vos images réalisées ce jour là apparaîtront.
Avec un peu de chance certaines images d'autres animaux au même endroit vous permettront peut-être de combler tout ou, du moins, partie des vides.
Si vous n'avez aucune autre image, il vous reste la possibilité de recréer de la matière à partir des images de votre rafale. Il va vous falloir utiliser l'outil tampon et mettre en œuvre votre créativité et votre précision pour reconstituer cet ensemble surtout s'il est important.
Pour ma part, avec l'exemple présent, je n'avais pas réalisé de clichés après coup. Par chance, grâce au moteur de recherche j'ai retrouvé d'autres clichés notamment des photos de l'aigrette avant son envol et des photos de héron cendré. Ces photos vont me permettre de retrouver la majeure partie de la matière manquante.
Mais, bien plus encore, en voyant le héron que j'avais classé dans le dossier héron cendré (bien sûr), la scène d'origine m'est revenue à l'esprit et l'idée d'associer le héron au montage m'est alors venue à l'esprit.
Mon objectif est d'avoir une image de fond la plus large et haute possible pour ne pas perdre de matière et pouvoir si nécessaire la recadrer à la fin.
Je positionne tout d'abord la photographie de héron cendré totalement à gauche de l'image pour se faire je dois à nouveau augmenter la zone de travail.
Bien entendu avant de coller l'image de héron, je suis parti du fichier RAW que j'ai dupliqué, que j'ai converti en TIFF16bits en veillant à faire les corrections de balance des blancs et de luminosité en harmonie avec le reste des images. Et comme les autres images, je duplique le calque.
Je reprends donc la réalisation du fond du montage. Il me faut désormais retirer tous les oiseaux du montage hormis les foulques macroules qui font parties du décor. Pour ne plus avoir que le fond.
Avec l'outil lasso magnétique, je sélectionne la zone entourant le sujet avec un contour progressif de 40 pixels.

Dans un même temps j'active les autre images du montage et mets en surbrillance bleue le calque qui, dans cette même zone, possède de la matière. Je fais copier et retourne sur le calque où se trouve l'oiseau en le mettant en surbrillance bleue. Puis je fais « coller », ce qui masque alors l'oiseau et permet de retrouver la matière souhaitée. Comme les images se superposent et que le sujet n'est pas au même endroit sur chacune d'elle, il est facile de reconstituer l'image sans sujet.

Désormais j'ai tous les calques. Il ne me manque plus qu'à finir cette image de fond qui est relativement correcte. Je vais pouvoir boucher une partie des manques grâce aux autres images réalisées ce même jour en faisant des « copier-coller » successifs.

J'ai désormais utilisé l'ensemble des images disponibles. Il faut utiliser au maximum la matière existante aussi je récupère la moindre petite zone disponible afin d'éviter au maximum d'avoir à réaliser de la matière fictive.

Malgré tout ce que j'ai récupéré, il me reste une partie importante de matière à créer sur la partie droite du montage.
Je vais devoir créer cette matière manquante avec l'outil tampon. Je dispose sur la gauche de l'image de beaucoup de matière. Elle va m'aider à reconstituer le reste de l'image. Par chance la zone manquante est composée en majeure partie de matière floue, ce qui va faciliter le travail.
Cette étape de reconstitution du fond est la plus délicate et la plus longue. Les risques d'erreurs sont grands, il est impératif d'y apporter le plus grand soin.

Ça y est, le plus dur est fait! Je duplique la totalité du fichier en cours. J'aplatis tous les calques. Je vérifie à nouveau le fichier et repère quelques erreurs que je corrige et j'enregistre ce fichier en le nommant « fond » en tiff16bits. Je stock e précieusement ce travail avec mes fichiers originaux.
5 – La finalisation du montage.
Je vais pouvoir continuer à travailler sur mon précédent fichier et faire réapparaître les sujets. Cette partie est la plus jubilatoire. Le panoramique va se dévoiler progressivement.


Voilà, l'ensemble de la scène est désormais révélé. Je prends soin de réaliser un enregistrement en 16bits de cette image "brute" (où les niveaux ne sont pas encore effectués) avec mes fichiers RAW originaux.
A partir d'une copie de ce fichier je vais pouvoir faire les derniers réglages (niveaux et accentuation et recadrage).

L'ouvrage est désormais terminé. Cette scène exceptionnelle permet de montrer de façon dynamique une interaction entre deux animaux de façon plus riche qu'un simple cliché.
La seule chose à faire maintenant est de contempler et de goûter l'ouvrage réalisé.
Ce type de montage est un peu complexe mais le jeu en vaut la chandelle.
Pourquoi avoir réalisé le fond d'image ?
D'une part pour positionner facilement les sujets sur un fond propre.
Mais aussi parce qu'il est beaucoup plus facile d'associer ensemble 4 photos plutôt que d'en associer 7 (dans l'exemple présent).
Le fait d'avoir réalisé l'image de fond permet de recréer par la suite des images au format standard permettant de retracer proprement toute la scène. Grâce à ces images, retravaillées, j'ai pu créer les vignettes disposées sous les montages qui permettent d'expliciter la scène .

Ces images permettent aussi de légender une exposition.
L'image de fond peut aussi permettre de créer, sur un site internet, une image dynamique où les sujets apparaîtront les uns à la suite des autres et ainsi recréer l'action initiale.
Le quantité de travail nécessaire pour réaliser ce type d'assemblage fait qu'il est préférable d'anticiper ce que vous prévoyez de réaliser (comme type de support) par la suite et de tout réaliser en une seule fois (garder précieusement un exemplaire du fichier avec tous les calques de montage. Cela peut s'avérer très utile pour vos projets futurs).
Si vous souhaitez me partager vos créations, je serai heureux de les découvrir.
N'hésitez pas à m'envoyer un mail.
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